HAÏTI/CANADA

Le projet de la caserne des pompiers disparaît en fumée

L’espoir des sapeurs-pompiers de Port-au-Prince de sortir d’un bâtiment qui peut s’écrouler à tout moment s’amenuise avec le retrait du Canada d’un projet de reconstruction. De l’espoir, il ne reste qu’un périmètre récemment déclaré d’utilité publique par l’État haïtien…

Publié le 2017-07-14 | Le Nouvelliste

National -

Les annonces s’entrecroisent entre le Québec et Port-au-Prince sur un projet de reconstruction de la caserne des pompiers de la capitale haïtienne. Le projet financé à hauteur de 2,6 millions de dollars est déclaré mort en début de semaine par Régis Labeaume, maire du Québec. « Le projet officialisé en janvier 2015 a échoué, faute du non-respect de certains engagements de l’État haïtien qui devrait rendre disponible un terrain avec des titres de propriété clairs, arpenté en bonne et due forme, a expliqué David O’Brien, porte-parole de la ville de Québec. Le bureau des Affaires mondiales du Canada a informé, début juillet, que le projet ne faisait plus partie de ses plans, a révélé le porte-parole interrogé par des médias québécois. Le maire Régis Lebeaume n’a pas pu cacher sa déception face aux embûches administratives ayant causé des retards d’environ un an et demi dans l’exécution du projet appuyé par sa ville. Le chantier, a-t-il précisé, devait démarrer en janvier 2016. Le début des travaux différés à juin 2017 ne s’est finalement pas concrétisé, se désole le maire. « Ça me déçoit parce que cela montre que c’est extrêmement désorganisé. Quand j’ai regardé le dossier, j’étais découragé. Je me demandais s’ils allaient s’en sortir un jour. Ils ont tout sur un plateau d’argent et ils ne sont même pas capables d’avoir les titres de propriété », s'est plaint M. Lebeaume. Celui-là garde certainement en mémoire les murs crevassés du service d’incendie de Port-au-Prince qu’il a visités en novembre 2012. C’était à l’invitation de Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’Unesco à l’époque. Haïtienne d’origine, Mme Jean avait personnellement contacté le maire pour venir au chevet de la caserne des pompiers toujours en décrépitude au Champ de Mars, sept ans après le séisme qui l’a fragilisée davantage. De l’espoir de voir sortir un jour les combattants d’incendie et autres types de catastrophes des conditions pénibles de travail, il y en a encore. Mais pas avec les financements certains de la ville du Québec. Par arrêté pris en Conseil des ministres, le 30 juin dernier, les autorités haïtiennes ont convenu de réserver une partie du centre-ville à la construction de deux bâtiments publics. L’un des deux espaces déclarés d’utilité publique est « réservé à la construction d’un bâtiment au profit des sapeurs-pompiers de Port-au-Prince », lit-on dans un communiqué du secrétariat général du Conseil des ministres. L’autre projet est une extension du site de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti en pleine reconstruction.

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