Honneur et mérite pour Yves Déjean à l'occasion de ses 90 ans

Plusieurs institutions, notamment Akademi Kreyòl Ayisyen an (AKA), l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), la Faculté de linguistique appliquée (FLA) ont commémoré mardi, dans le local du bureau d’études post-graduées de l’UEH, les 90 années de Yves Déjean. C’est dans une ambiance chaleureuse avec des témoignages enrichissants que parents, amis et collaborateurs ont dressé le profil de celui qui a initié le créole comme outil d’apprentissage dans le système éducatif haïtien

Publié le 2017-05-17 | Le Nouvelliste

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C’est en présence du recteur de l’UEH Fritz Deshommes, du représentant de la Secrétairerie d’Etat à l’Alphabétisation (SEA), du doyen de la FLA Renaud Gauvin, de l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation Adeline M. Chancy et de plusieurs autres personnalités du monde universitaire et de l’académie créole que la cérémonie marquant les 90 ans du professeur et docteur Yves Déjean s’est déroulée. Le doyen de la Faculté de linguistique appliquée Renaud Gauvin présente le professeur Yves Déjean comme un personnage de grand cœur, une personne qui s’est battue pour l’intégration du créole dans le système éducatif haïtien. « Lorsqu’on étudie la situation linguistique haïtienne sous l’angle de l’accumulation des savoirs et du rôle des deux langues officielles dans la transmission des connaissances, on se rend compte que les idées défendues par le linguiste Yves Déjean se situent à l’opposé de certains autres auteurs », a-t-il fait remarquer. Il faut garder en mémoire que, du strict point de vue de la description grammaticale et phonologique du créole haïtien, et quant à la cohérence de la graphie actuelle du créole, Yves Déjean est l’une des voix les plus autorisés et les plus rigoureuses à « la langue qui unit tous les Haïtiens.» « Le système qui instruit les écoliers haïtiens est aussi la cause de leur échec en français et en créole », a déclaré le professeur Renaud Gauvin. L’hypothèse avancée par ce dernier dans son livre « Yon lekòl tèt anba nan yon peyi tèt anba » est que l’Etat haïtien n’a pas donné de chance aux écoliers d’apprendre dans la langue qu’ils maitrisent le mieux, à savoir le créole, regrette-t-il. Dans son discours de circonstance, le président de l’AKA, Pauris Jean Baptiste, s’estime heureux de participer à la commémoration des 90 années d’existence de ce grand intellectuel qu’est Yves Déjean. Selon lui, Yves Déjean n’a jamais cessé d’inviter la population à se prendre en main, à prendre conscience que le système éducatif haïtien ne peut pas fonctionner à plusieurs vitesses tout en précisant que le créole, langue parlée par la majorité de la population, est un ciment qui unit tous les fils et filles du pays. Pour cela, à travers certains de ses ouvrages, il a indiqué la route aux dirigeants pour sortir le système éducatif de cette sécheresse. Pour sa part, le professeur Lemaitre Zéphyr, qui prenait part à cette cérémonie de commémoration, a fait la présentation des différents ouvrages de l’illustre et brillant homme de lettres Yves Déjean. Il affirme que les œuvres de ce dernier méritent d’être lues et présentées à la population estudiantine. Pour sa part, le recteur de l’Université d’Etat d’Haïti, Fritz Deshommes, confirme que pour rendre un hommage mérité à Yves Déjean, le rectorat voulait que le bureau d’étude post-graduée soit mis à la disposition des membres de l’AKA pour organiser cette manifestation en son honneur. « Intellectuel raffiné, un scientifique hors pair, un militant distingué du créole, mais il a été surtout un homme très humble », a fait remarqué M. Deshommes avec enthousiasme. Yves Déjean est un modèle à suivre par la société en général et les intellectuels en particulier, argumente le professeur Fritz Deshommes.

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