Trésor public/Financement des élections

Reddition de comptes : le CEP estime que le gouvernement a sa part de responsabilité

Publié le 2017-02-16 | Le Nouvelliste

National -

Plus de 55 millions de dollars ont été décaissés pour l’organisation de la présidentielle, une partie des législatives et des élections locales. Le 17 janvier dernier, le gouvernement, à travers le ministre de l’Économie et des Finances, avait demandé des comptes aux institutions qui ont géré et dépensé ces fonds, dont le CEP. En réponse, le directeur de l’institution électorale a fait savoir que le CEP a fait une « gestion financière conjointe » avec le ministère de l’Économie et des Finances. Une façon pour Uder Antoine de dire que le gouvernement sait déjà tout… La gestion des 55 millions de dollars pour la réalisation des élections a été réalisée conjointement par le CEP et le ministre de l’Économie et des Finances, selon le directeur de l’institution électorale qui participait le jeudi 26 janvier 2017 à l’émission « Sa k ap kwit » sur Télé 20. Le financement des élections, a soutenu Uder Antoine, n’a pas été comme quand on finance une entreprise commerciale et de qui on attend un rapport financier. Selon Uder Antoine, le ministère de l’Economie et des Finances sait ce qui se passe au CEP en termes d’utilisation des fonds pour l’organisation des élections. « Nous avons une très bonne collaboration avec le ministère de l’Economie et des Finances. Nous faisons une gestion financière conjointe », a-t-il affirmé. « Même si techniquement le CEP est une institution indépendante, il n’est pas indépendant financièrement. Nous utilisons le système du ministère de l’Économie et des Finances qui a son comptable public et son contrôleur financier au CEP », a détaillé le directeur exécutif de l’institution électorale. Le Conseil électoral, a-t-il avancé, ne peut rien faire sans que le comptable public se prononce. « C’est une responsabilité partagée. Si on doit donner une grille détaillée de nos dépenses, le CEP le fera avec le ministère de l’Économie et des Finances pour le grand public dans un souci de transparence. Mais il n’y a pas une exigence du MEF au CEP puisqu’on fait le travail ensemble. Autant que nous, le MEF accède à notre système… », a indiqué Uder Antoine, soulignant que le ministère de l’Economie sait déjà tout. Le ministre de l’Économie et des Finances, Yves Romain Bastien, estime que toutes les institutions qui ont dépensé l’argent des contribuables et d’autres fonds alloués aux élections doivent rendre des comptes à la nation. Lors d’une conférence de presse, le mardi 17 janvier 2017, le grand argentier de la République a fait savoir que le gouvernement avait déjà écrit en ce sens au CEP pour lui demander des comptes sur l’utilisation des fonds destinés à la réalisation des élections. Le PNUD disposait d’environ 11 millions de dollars dans le fonds alimenté par la communauté internationale qu’il gère pour l’organisation des élections en Haïti. Yves Bastien a fait remarquer que le PNUD a dépensé cet argent au nom de l’Etat haïtien. « Il doit nous donner des explications sur l’utilisation de ces fonds », avait exigé le ministre des Finances. D’autres institutions ont reçu de l’argent du Trésor public au nom de l’organisation des élections et doivent aussi rendre des comptes. Le ministre Bastien avait cité à titre d’exemple le bureau de la secrétairerie d’État à la Sécurité publique qui a reçu 24 millions de gourdes, la police nationale, plus de 53 millions, 6 millions pour le ministère de la Communication, entre autres. Plus de 233 millions de gourdes ont été décaissées pour ces institutions pour l’exercice 2015-2016, a indiqué le ministre. Pour l’exercice 2016-2017, la police nationale a reçu plus de 197 millions de gourdes, ce qui porte à plus de 723 millions de gourdes le montant total décaissé pour des institutions autres que le CEP, selon Yves Bastien, exigeant des comptes de toutes ces institutions.

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