Qu’est-ce que…?

Focalisations et narrateurs

Avec votre appareil photographique, vous avez souvent l'habitude de saisir des instants de vie. L’œil de l’écrivain découpe ainsi les scènes comme une caméra pour mieux vous les présenter. Au gré du choix du narrateur et de la tonalité qu’il veut accorder à la scène s’impose le choix d’un cadrage. Quels sont les différents points de vue que peut adopter un narrateur ? Le Nouvelliste a lu pour vous « Outils de lecture », un livre de Michel Frankland publié aux Éditions du renouveau pédagogique Inc au Québec en 2000. Suivez le regard de l’auteur.

Publié le 0000-00-00 | Le Nouvelliste

Culture -

La notion de focalisation vient du latin focus, foyer. Comment l’auteur, tel un photographe, a-t-il réglé son appareil pour « focaliser » l’œuvre ? En somme, quelle optique, quel point de vue adoptera l’auteur pour nous communiquer l’histoire ? On distingue trois types de focalisations (ou points de vue) : focalisation interne, focalisation zéro et focalisation externe. Jean Pouillon a associé à chaque focalisation un type de vision que nous intégrerons à nos définitions. Focalisation interne La focalisation interne met en scène le point de vue d’un personnage (donc d’un élément interne à l’œuvre) pour transmettre l’histoire au lecteur. Ce point de vue sera forcément subjectif et se trouvera conséquemment chargé des émotions et des sentiments d’un personnage choisi par l’auteur. Ce personnage sera le porte-parole privilégié de l’auteur et saura révéler la réalité telle qu’elle a été conçue par son créateur. La focalisation interne utilise un des narrateurs suivants c'est-à-dire une seule personne ou un groupe de personnes. Le narrateur-héros c’est à lui, à elle ou à eux que nous nous identifions. Nous souffrirons avec lui des avanies, des turpitudes, des attaques, des atteintes à la réputation, des difficultés qu’il peut éprouver dans ses relations humaines, des maladies et des revers de fortune. De la même façon, nous nous enrichirons des leçons qu’il aura tirées de ses expériences, du courage qu’il aura acquis et de son humanité mieux enracinée. Nous grandirons avec lui. Nous suivrons, en somme, le cheminement que l’auteur a tracé pour nous. Le narrateur-héros nous rapproche de l’œuvre, car celle-ci devient pour nous le lieu de rencontre d’un ami dont les questionnements, le cheminement et les épreuves ressemblent aux nôtres. L’auteur aura particulièrement réussi ce chapitre si le lecteur à l’impression que l’œuvre a été écrite pour lui.

Outils de lecture, Michel Frankland, Édition du renouveau pédagogique Inc., 64 p. 2000. Québec
Michel Frankland Auteur
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