Gary Augustin: la constance en poésie

Publié le 2004-12-23 | Le Nouvelliste

Culture -

Qu\'est-ce qu\'un poète? Mon expérience de lecteur et d\'amant des lettres m\'autorise à dire qu\'un poète s\'identifie par sa constance. Le po 8te est un être qui élit domicile dans le royaume des mots et ne déménage pas. J\'opine ainsi quand je regarde le parcours des poètes que je côtoie dans la cité. Je ne voudrais pas faire de jaloux, cependant je vais faire une exception. En effet, un nom me vient à l\'esprit: Christophe Charles. Depuis ses premiers poèmes parus dans \"Le Nouvelliste\" au début des années 1970 )qui allaient constituer les matériaux de son recueil: \"Le cycle de la parole\"), le prof. Charles ne chôme pas. A date, il aura accumulé une expérience scripturale déjà trentenaire. Bel exemple de constance, de régularité. Je ne suis pas sûr qu\'on apprécie à sa juste valeur la portée d\'un tel itinéraire en pays précaire. Parce qu\'il faut du courage, de la tenacité, la culture de l\'ardeur au travail pour commencer durablement avec les lettres. Christophe Charles n\'est pas le seul dans la catégorie. Second nom: Gary Augustin. Justement Gary (dont je suis le témoin privilégié des premiers vagissements) a fait ses premières armes sous l\'oeil bienveillant du prof. Charles. En effet, à la fin des années 1970 paraissait \"La Revue des Ecoliers\" qu\'animait Christophe Charles. Dans cette revue, Gary fit paraître ses premiers poèmes. Je ne crois pas me tromper en disant que Charles est son père spirituel. A la même époque, Gary se tenait devant sa palette, il en sortait de magnifiques petites pièces. Malheureusement, il ne choisit pas de devenir peintre professionel. On ne perdait rien au change, puisque sa passion des arts plastiques allait le porter à devenir critique d\'art. Sous des dehors de simplicité, ne croyez surtout pas qu\'il ne fait pas profond. Son oeil exercé relevé aisément l\'esthétique dans une production picturale ou de façon réductrice dans une toile, c\'est-à-dire la beauté des couleurs, l\'harmonie des lignes et la touche, la marque de fabrique d\'un artiste. Là ne s\'arrête pas l\'étendue des talents de mon jeune cousin. Il est critique littéraire, enseignant et animateur de radio. Hier encore, sur la Radio Nationale d\'Haïti, «L\'actualité culturelle y était décortiquée et livrée à l\'appréciation de l\'auditeur. Il est heureux qu\'en 2004, Gary repris la bonne habitude d\'apporter, sa déjà vaste expérience à la préparation de ce mets culturel dominical. Dois-je ajouter qu\'il fut un temps où au quotidien, en francophile, il faisait la promotion de la bonne chanson. Esprit curieux, dans son quotidien, rarement déambule-t-il sans un livre en main. Consensuel dans les discussions, souvent il trouve le bon mot pour faire jaillir sur le visage de l\'interlocuteur une denrée devenue rare: le sourire. Il explore les salles d\'exposition comme il arpente les rayons des libraires. Un homme fait pour le culturel. Ses contacts, ses amitiés avec les auteurs, il les maintient, les soigne. Il ne serait pas venu à l\'idée d\'un organisateur de ne pas lui faire parvenir un carton d\'invitation pour un prochain vernissage ou une vente-signature. En vue un colloque littéraire? Eh bien Gary est invité à être des panélistes. D\'une belle érudition, je suis fier de mon parent et ami. Ne croyez surtout pas que j\'en rajoute, je laisse parler mon coeur.Je l\'apprécie autant que j\'apprécie Christophe Charles ou Dominique Batraville, ce dernier touche-à-tout et d\'un talent immense. Ah, qu\'est-ce-qu\'un poète? on le reconnait par sa constance. Cela tombe bien. Gary est constant dans son commerce avec les mots. Dans les colonnes du \"Doyen\" en été 1997, je disais tout le bien que je pensait de son recueil \"Girandole du jour\". Le paradoxe se trouvait dans le titre. En ces derniers jours du Bicentenaire, dans un papier luxueux au jaune tendre, avec des lettres élégantes, dessin de couverture signé: Pasko, sort son deuxième recueil de poèmes: «Terre Brûlée», Editions Mémoire, 53 pages. Pas moins de 34 titres forment la matière de cette nouvelle oeuvre poétique. Ne voulant pas anticiper sur votre plaisir, je vous invite à partir à la découverte d\'un poète fécond. Vous m\';en donnerez des nouvelles. Je ne puis vous assurer que d\'une chose: \"TERRE BRULEE\" est à siroter avec modération. Un beau cadeau en toute période de fêtes.

Jean-Claude Boyer mardi 21 décembre 2004 Auteur
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