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Fête de Fin d\'année: de l\'ennui aux incertitudes

Par Schultz Laurent Junior

Publié le 2004-12-23 | Le Nouvelliste

Culture -

Les festivités devant commémorer la Noël et les fêtes de fin d\'année qui doivent s\'ouvrir vers le premier janvier 2005 où nous célébrons les 201e année de notre Indépendance seront elles renvoyées? Pour cause d\'insécurité! Aucune lueur festive ne s\'est encore dessinée sur les visages déprimés et stressés depuis qu\'à commencé l\'Opération Bagdad, mobilisation meurtrière déclenchée par les partisans du régime lavalas le 30 septembre dernier. Fête de partage, de réconciliation et de paix, la Noël est aussi le moment qui doit surtout nous porter à réfléchir sur l\'amour inéffable de Dieu qui, pour accomplir son éternel dessein sur la terre nous a envoyé son fils, Jésus afin que nos pas soient placés sur le chemin du salut. C\'est également l\'occasion qui nous permet de nous fraterniser, pour aller à l\'Eglise, organiser des réveillons, pratiquer une constante charité afin d\'actualiser l\'amour de Dieu qui demeure en nous. Cependant, depuis quelques temps, vu le climat d\'insécurité et d\'horreur qui s\'installe dans le pays où les fils d\'une même patrie s\'entredéchirent certaines voix se sont élevées pour demander une interruption dans nos luttes fratricides afin de faire revenir la paix dans le pays, source de stabilité et de progrès. Chimères? Tensions. A quelques jours de Noël, tout marche au ralenti. L\'absence d\'activités dans les principaux magasiens de la Capitale qui sont obligés de fermer leurs portes entre 4 heures et 5 heures retient surtout l\'attention des observateurs qui ont encore en mémoire l\'ambiance quui régnait habituellement à pareille époque. Devant leurs étals, les détaillants prient avec ferveur et espoir. Dès que le soleil se couche, une atmosphère de couvre-feu parcourt certaines zones les pus fréquentées de la Capitale. A l\'exception du \"Bal des Maires\" avec le groupe Tabou-Combo aucune soirée de grande envergure ne s\'est signalée à Port-au-Prince réputé pour les fêtes nocturnes de tout genre. Il ne faut pas oublier non plus l\'insécurité avec son lot de cadavres de tous les jours. Le chômage, la pauvreté qui afecte déjà la population permet de souligner que certains se voient obligés de porter leurs habits de deuil en lieu et place de leurs habits de fête. Qui pourrait traduire et exprimer tout cela? Sinon l\'air du temps abrutissant les caractères, révolte les consciences et laisse sur nos terres un goût de fin du monde. Malgré l\'ennui, l\'incertitude et les grisailles du temps, le gouvernement de Transition conduit par le Premier Ministre, Gérard Latortue a crée au début du dernier trimestre une Commission représentée par l\'ancien président, Leslie François Manigat, les historiens Suzie Castor, Georges Covington et d\'autres personnalités politiques et culturelles devant mettre sur pied des activités socio-culturelles pour clôturer l\'année du Bicentenaire de notre Indépendance. C\'est encore là un autre défi pour exalter la mémoire de nos aïeux, eux ayant fait 1804 et de permettre aussi à travers des colloques et d\'autres activités socio-culturelles aux Haïtiens de réfléchir sur le sens de notre vie de peuple qui a commencé à partir de l\'Indépendance proclamée à Gonaïves par Jean-Jacques Dessalines que nous devons sauvegarder dans l\'unité, le dépassement de soi, la compréhension et la bonne volonté de tous et surtout à travers cette Conférence Nationale tant demandée et qui doit aboutir à l\'élaboration d\'un Nouveau Contrat Social qui prendra compte les exigences, les préoccupations réelles et profondes de chacun d\'entre nous. Rêve? Et pourquoi pas!

Schultz Laurent Junior Auteur
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