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Un tête-à-tête à coeur ouvert
L'historienne et écrivain Odette Roy Fombrun appelle la jeunesse haïtienne à la solidarité afin de restaurer l'image et la dignité du pays.
Haïti: Lors d'une conférence-débat tenue à la fondation ETRE Ayisyen, vendredi dernier, l'historienne et écrivain Odette Roy Fombrun a lancé un appel solennel à la jeunesse haïtienne qui, selon elle, doit s'engager dans la reconstruction du pays.
Intervenant autour du thème « Quelle place pour les jeunes dans ce pays? », Mme Odette Roy Fombrun a déclaré que l'unité est un instrument important pour arriver au développement durable. Pour en finir avec la pauvreté et favoriser l'émergence de la jeunesse, il faut une vision nationale et unificatrice définie selon un véritable « konbitisme », a renchéri l'historienne.
Le « konbitisme » est, selon madame Fombrun, un moyen qui permettra aux jeunes Haïtiens de mieux se regrouper, en vue de travailler ensemble au développement du tourisme rural. Ceci devra engager tous les groupements sociaux, chacun selon les besoins de sa région d'origine.
« C'est un pays divisé, complètement détruit », a déploré madame Fombrun, âgée de 93 ans, sur un ton imposant. Selon elle, les sombres réalités auxquelles Haïti est confrontée seraient le résultat du désengagement des citoyens et citoyennes du pays. C'est ce qu'elle appelle « un manque de vision qui joue au profit de la pauvreté accrue dans laquelle croupit la majorité du peuple haïtien ».
« Quel avenir pour cette jeunesse quand l'éduction est donnée au rabais ? », s'est interrogée la nonagénaire pleine de fougue. « On ne peut s'attendre à aucun changement s'il n'y a pas un véritable éveil de conscience citoyenne impliquant toutes les forces vives de la nation », a expliqué l'intervenante. Car, a-t-elle soutenu, il appartient aux Haïtiens eux-mêmes de prendre en main leur destin. Elle a exhorté les jeunes à se comporter comme des agents de développement et aussi à se mobiliser pour lutter contre les destructions des patrimoines nationaux. Ainsi, affirme-t-elle, « par la revalorisation des sites historiques, Haïti pourrait reconquérir sa beauté et devenir le centre culturel de la Caraïbe ».
Présent à cette conférence-débat, monsieur Mathias Pierre, président de la Fondation ÊTRE Ayisyen, a pour sa part fait une approche sur la participation active de chaque Haïtien à toute initiative citoyenne vers la construction d'une nouvelle Haïti. « Il faut jeter les bases d'une société qui offre l'opportunité égale à tous », a réagi M. Pierre. Il a invité, par conséquent, les jeunes à faire preuve d'optimisme et de persévérance. « Ayez une vision claire et des objectifs bien définis tout en restant accrochés à l'éducation», a conclu le responsable de la fondation.
Des étudiants venus de divers horizons, vivement touchés, ont jugé motivante cette conférence au cours de laquelle ils ont exprimé leurs nombreuses préoccupations. Entre autres, Valéry Fils-Aimé, Jorchemy Jean-Baptiste, respectivement vice-président et porte-parole du comité exécutif des jeunes de la Fondation ETRE Ayisyen, se disent imprégnés du sentiment et de la volonté de voir émerger une meilleure Haïti, libre, prospère et développée. Ils estiment, par ailleurs, que redonner confiance à la jeunesse haïtienne est un défi de taille à relever.
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