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| Le sénateur Andris Riché a pris le contre-pied l'argumentaire présenté par les sénateurs interpellateurs |
| (Photo: François Louis) |
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| Le sénateur Rudy Hérivaux a soutenu la défense du gouvernement du bec et des ongles |
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| Le sénateur Youri Latortue a soutenu jusqu'au bout la thèse de l'nconstitutionnalité de la séance |
| (Photo: François Louis) |
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| Le sénateur Evallière Beauplan se faisait aussi l'avocat du gouvernement |
| (Photo: François Louis) |
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"La séance est inconstitutionnelle, illégale"
Comme prévu, la séance d'interpellation du gouvernement Michèle D. Pierre-Louis a eu lieu ce jeudi 29 octobre 2009 au Sénat. Voulant peut-être faciliter la tâche à la plateforme Lespwa et ses alliés, le Premier ministre et ses ministres ne se sont pas présentés. Malgré tout, le groupe majoritaire au Sénat a trouvé une résistance de taille. Jusqu'au moment de mettre sous presse cette séance très animée se déroulait encore au Sénat.
Haïti: Si le Premier ministre Michèle D. Pierre-Louis a jugé bon de ne pas se présenter à la séance d'interpellation de son gouvernement, cela n'a pas pourtant rendu service aux sénateurs de Lespwa. Apparemment en panne d'arguments, ces derniers s'étaient révélés incapables de montrer le bien-fondé de leur décison d'infliger un vote de censure au gouvernement Pierre-Louis. L'exposé des motifs présentés par le sénateur Joseph Lambert n'a pas résisté aux critiques des sénateurs qui soutiennent le gouvernement Pierre-Louis. Il s'agit de Youri Latortue, Evallière Beauplan, Rudy Hérivaux et Andris Riché.
« Absence de politique agricole, économique et industrielle, incohérence dans l'action gouvernementale, insalubrité des villes, taux élevé du chômage », tels sont les principaux arguments présentés par Joseph Lambert dans son argumentaire. « Le Premier ministre Michèle D. Pierre-Louis n'a ni l'audace, ni la ténacité, ni la créativité nécessaire pour diriger le pays », a déclaré le parlementaire qui se révèle soudainement le plus farouche adversaire du gouvernement en place. Joseph Lambert dit aussi constater que la population continue de patauger dans la misère sous l'oeil passif du gouvernement. Comme un élève qui ne maîtrise aucune matière de sa classe, Mme Pierre-Louis et les membres de son cabinet ont reçu une note négative des interpellateurs dans tous les domaines.
Rien de spécifique par rapport à la déclaration de politique générale du chef du gouvernement n'a été présenté. De quoi soulever la colère et l'indignation du sénateur Andris Riché. « On dit souvent que le pays n'a pas de chance, je me rends compte aujourd'hui que ceci est vrai, a lâché le parlementaire. On veut faire aujourd'hui de Mme Pierre-Louis le bouc émissaire des 200 ans de mauvaise gestion du pays. » Ajoutant : « Vous allez renvoyer un gouvernement sans le moindre argument. C'est triste de voir à quel niveau vous rabaissez le Sénat de la République ». Une fois terminée son intervention, le parlementaire, rouge de colère, s'est retiré momentanément de l'Assemblée. Continuer > |
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Le sénateur Youri Latortue, qui a précédé le sénateur Andris Riché à la tribune, a changé le sens des débats. « La séance d'aujourd'hui est anticonstitutionnelle et illégale, a dénoncé le parlementaire qui s'est fendu en quatre pour défendre le fauteuil de Michèle D. Pierre-Louis. Etant en session extraordinaire, le Sénat comme la Chambre des députés n'a pas le droit de se pencher sur autre chose que le menu proposé par l'exécutif. » Même si le Sénat siège en permanence, a-t-il argumenté, il compose avec la Chambre des députés le Corps législatif. Il a donc cité l'article 107 de la Constitution pour asseoir sa thèse.
Appuyé par ses collègues Rudy Hérivaux et Evallière Beauplan, Youri Latortue a donné toutes les peines du monde aux sénateurs défavorables à Michèle D. Pierre-Louis qui s'attendaient à une partie de plaisir. Les deux frères Lambert et leurs collègues Rodolph Joasil, Nènèl Cassy ainsi que les autres sénateurs de Lespwa, qui sont succédé à la tribune, ont peine à démonter les arguments du camp adverse. Incapables de se mettre d'accord, les sénateurs ont dû suspendre la séance momentanément vers 8h du soir.
La tâche n'a pas été non plus trop facile pour le bureau du Sénat. Le sénateur Kély C. Bastien paraissaît, par moment, dépassé par les évènements tant les débats étaient houleux. Même le vote de la proposition d'ordre du jour se révélait une tâche ardue. Les alliés de Michèle D. Pierre-Louis cherchaient par tous moyens à faire avorter la séance.
Le point III du projet d'ordre du jour relatif à l'exposé de Michèle D. Pierre-Louis leur servait d'assise. « On ne peut pas accorder la parole à Mme Pierre-Louis alors qu'on sait qu'elle n'allait pas se présenter à la séance », a avancé Rudy Hérivaux. Une demande de huis clos du sénateur Youri Latortue appuyé par quatre autres parlementaires a été acceptée en vue de trouver un compromis. Peine perdue. Les sénateurs ont dû passer au vote du projet d'ordre du jour vers 4h50 p.m. alors que la séance a débuté vers 2heures de l'après-midi.
Une correspondance du Premier ministre Michèle D. Pierre-Louis acheminée dans la matinée du jeudi au bureau du Sénat a été mal interprétée par les sénateurs de Lespwa et leurs alliés. Dans cette correspondance le chef du gouvernement a fait état de sa décision ne pas se présenter à la séance. Elle invitait les sénateurs à prendre leur responsabilité face à la nation. Car, a-t-elle écrit, leur décision était déjà prise avant même la tenue de la séance.
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Jean Pharès Jérôme |
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