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L'ombre de Boulos hante le grand corps
Haïti: Ecarté par ses pairs, il y a huit mois, après que sa nationalité américaine a été prouvée par une commission, l'ombre de Rudolph Henri Boulos hante le Sénat qui peine à se réunir. Depuis la velléité exprimée par un groupe de sénateurs de remettre Boulos en selle, rien ne va plus au grand Corps. « La dernière séance remonte au 30 septembre, a affirmé une source proche du Sénat. Lors de cette séance marathon, le budget rectificatif a été voté ».
Dès qu'on agite le maigre bilan du Sénat, son président, Kély C. Bastien, n'y va pas par quatre chemins pour expliquer le malaise. « Le dossier Boulos est l'élément qui tiendrait certains parlementaires loin du grand Corps », soutient Kély C. Bastien. Pas moins de dix sénateurs, dont Youri Latortue, celui qui a dirigé l'enquête sur la double nationalité au Sénat, ont récemment demandé au bureau d'insérer l'affaire Boulos à l'ordre du jour de la prochaine séance. Depuis lors, c'est le malaise. Ceux qui sont opposés à une relance du dossier ont carrément fui la salle de séance. Les « pro-Boulos », eux, ne jurent que par une reconsidération du dossier.
Faute de quorum, a expliqué Kély C. Bastien, le Sénat ne peut pas tenir séance. Depuis la fin du mandat d'un tiers des sénateurs, ajouté au siège vacant de Noël Emmanuel Limage - décédé lors d'un accident de la circulation -, le quorum devient extrêmement fragile au Sénat. Pour avoir séance, la présence de seize des dix-huit sénateurs en fonction est nécessaire. A défaut de faire partie du Sénat, Rudolph Boulos, qui se considère comme « un sénateur en exil », a pris siège la semaine dernière au 30e sommet d'un groupe de sénateurs dominicains. Une forte délégation haïtienne conduite par le président du Sénat a pris part à ce sommet.
« Devant le rapport de la commission d'enquête, je prends la décision de démissionner et de partir du Sénat », a été la dernière phrase lâchée par Rudolph Boulos à ses « ex-collègues ». C'était le mardi 18 mars 2008, à 17 heures 40. Depuis ce moment-là, cette affaire prend l'allure d'une tractation juridico-politique qui casse l'élan du Sénat. Le Nord-Est, entre-temps, à l'instar de l'Artibonite, a un seul représentant au grand Corps.
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