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Bonne idée, mauvaise gestion
Haïti: Le vendredi 26 septembre 2008, la rue Bois-Patate, au Canapé-Vert, non loin de la résidence du président Préval, est impraticable. Unefoule de personnes qui a envahi les trottoirs occupe dangereusement, une bonne partie de la chaussée. Certains sont là depuis la veille pour être sûrs d'être en tête de la longue file qui, vers sept heures du matin, s'allonge déjà sur au moins trois cents mètres. Des racketteurs de tout acabit sont déjà à pied d'oeuvre, remplissant formules et contre-formules, donnant des carnets scellés et des extraits d'archives sur papier timbré. Tout y est pour que ceux qui y ont droit ne trouvent aucune subvention, alors que les fraudeurs ont toutes les chances de gagner gros, vu que tout un réseau existe à l'intérieur et à l'extérieur de l'annexe du ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle, nouvellement installée à Bois-Patate, qui sert de centre d'enregistrement pour des candidats à la subvention du gouvernement.
Encore une fois, en dépit de la bonne volonté des autorités de venir en aide à la population, les faits ne parlent pas en leur faveur. Nous avons l'impression que, dans ce petit coin de terre, la seule chose qui ne sert à rien est l'expérience. Les mêmes erreurs se reproduisent sans qu'il y ait la moindre velléité de changer quoi que ce soit.
Dès qu'il s'agit de distribution de dons ou de subvention, les institutions gouvernementales donnent l'image d'un fonctionnement anarchique et l' impression de tout faire pour humilier les bénéficiaires de ces allocations, ce qui n'est pas forcément le cas. Tout est dans la manière de procéder.
Logiquement, on s'attendrait, dans le cadre d'une subvention de l'année académique plus que nécessaire, cette année en particulier, que cela se passe à l'intérieur des établissements scolaires, puisqu'il s'agit d'aider les parents à faire face à leurs obligations et de permettre au maximum d'écoliers de réaliser le parcours, économiquement périlleux pour bon nombre d'entre eux, de l'année scolaire. Initiative plus que louable du gouvernement ! Mais...
Pourquoi ne pas prendre le temps de bien faire les choses, si l'intention est noble et non démagogique ? Ce n'est pas parce que l'on fait la charité que l'on doit rabaisser son prochain au stade d'un animal qui est obligé de mordre pour être sûr de pouvoir arriver à la mangeoire.
Un mois plus tard, le 30 octobre 2008, l'humiliation continue pour ceux qui s'étaient inscrits pour la subvention. Les résultats des études de dossiers sont prêts. La liste des bénéficiaires est publiée... sur la clôture du bâtiment, dans la rue. Ceux qui veulent savoir s'ils sont sur la liste se regroupent sur le trottoir. Aujourd'hui encore, cela se poursuit: on continue encore à coller des listes sur le même mur. Qu'est-ce qui justifie une telle vacherie ? C'est à se demander si ces gens sont traités en fonction de l'image que les responsables de l'institution ont d'eux-mêmes, ce qui serait pardonnable et compréhensible, ou est-ce simplement de la méchanceté et de la goujaterie !
Pourquoi les archives du ministère ne sont-elles pas exploitées pour résoudre ce genre de problème ? Pourquoi ne pas faire l'enregistrement et la distribution dans les établissements scolaires ? Pourquoi ne pas mettre en place un système qui barre la route aux racketteurs et qui permet une distribution équitable de l'assistance que l'on veut donner aux pères et mères de famille ?
Très souvent, les bonnes intentions ne suffisent pas..., les routes de l'enfer en sont pavées.
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