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| Le Lycée Fabre Geffrard des Gonaïves, encore centre d'hébergement des sinistrés, nage dans la fange. Photo prise cette semaine |
| (Photo: Antonio Bruno) |
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| Les restes d'une école suite au passage des récents ouragans |
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De quelle solidarité ságit-il?
Des observateurs se rendent bien compte, au-delà des grands discours de solidarité dont les échos ont retenti avec fracas dans la presse locale et internationale au lendemain du passage des ouragans et tempêtes tropicales qui ont mis le pays à genoux, que très peu d'initiatives ont été prises pour réparer les dégâts dont est victime le secteur éducatif. Un mois après, le doute plane encore sur une possible réouverture des classes le 6 octobre 2008 dans certains départements.
Haïti: Si à Port-au-Prince et dans certaines régions du pays des élèves s'activent à reprendre le chemin de l'école le lundi 6 octobre, dans d'autres départements géographiques du pays, encore sous l'effet des ouragans et tempêtes dévastateurs, Fay, Gustav, Hanna et Ike qui ont sapé, dans leur fondement, les infrastructures scolaires, la situation reste compliquée. Des observateurs peinent à croire que les discours de solidarité, dont les échos ont retenti avec fracas dans la presse locale et internationale, se seraient vite émoussés et que le secteur éducatif se serait confronté à tant de difficultés à deux jours de la date fixée.
Artibonite: des millions de tonne de boue
Dans le département de l'Artibonite, aux Gonaïves particulièrement où les intempéries ont causé le plus de dégâts, les établissements scolaires publics et privés qui ont résisté passablement à la furie des eaux sont encore occupés par des sinistrés. « Ces écoles, a indiqué le maire de la ville, Stephen Moïse, servent jusqu'à maintenant de centres d'hébergement et sont complètement sales, englouties sous des amas de boue ».
Malgré les efforts monstres des responsables du Centre nationale d'Equipement (CNE) déployant, 24 heures sur 24, un imposant contingent de camions pour nettoyer la ville, la quantité de boue est estimé à trois millions de tonnes. Il est donc difficile, voire impossible, a-t-il ajouté, pour les écoles d'ouvrir leurs portes, sans oublier les problèmes économiques des parents ayant assisté, la mort dans l'âme, à la disparition de leurs biens. Selon le maire, les écoles des Gonaïves risquent de garder leurs portes fermées même après novembre.
A Gros-Morne, toujours dans le département de l'Artibonite, des écoles qui ont été endommagées durant les catastrophes naturelles restent encore marquées de ces cicatrices avec leur matériel encore abîmé. A deux jours de la rentrée des classes, rien de concret n'a été fait pour les écoles nationales de Rivières Mancelle et de Moulin (2e et 7e section communale), a regretté le maire de cette commune.
L'avis des autorités d'autres départements géographiques du pays sur cette situation n'est pas différent. « Impossible de parler de 6 octobre sans d'abord penser à d'éventuelles réparations des écoles », se désole M. Joseph Wills Thomas, le maire de Cabaret où une quarantaine d'écoles environ ont été endommagées.
Sud et Sud-Est:écoles défigurées, rentrée incertaine
Dans les départements du Sud et du Sud-est, il est très difficile pour certains établissements de rouvrir leurs portes. « Les salles de classe des écoles situées à Bainet sont toujours jonchées de boue », a dit le maire adjoint Pierre Gadius Laguerre, précisant qu'une vingtaine d'écoles ont été détruites et une quarantaine d'autres endommagées Continuer > |
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La situation est particulièrement préoccupante à Saint-Louis du Sud où la rivière Mondin, a affirmé le député Félix Jean Mervius, fait son passage dans la cour de l'école nationale de Solon. Même constat à Cavaillon où la ravine Bouillette a défiguré l'école nationale de cette ville. D'un autre côté, l'école nationale de Tellier, située dans la 5e section, dont la toiture a été enlevée et les murs détruits, n'a pas encore été réparée.
Centre: routes endommagées, écoles paralysées
A Mirebalais, l'une des communes les plus affectées, l'intervention de l'Etat se fait encore attendre, selon le maire Lochard Laguerre. « La réouverture des classes est presque hypothétique. Quatre écoles communales ont été complètement détruites à Grand-Boucan. Le collège Ifaca Jean Philideau, seule école ayant résisté aux imtempéries, héberge encore des familles sinistrées », informe M. Laguerre qui attend toujours l'assistance des autorités concernées.
Les infrastructures scolaires et routières affectées à Hinche ne sont pas encore réhabilitées. « Il est difficile de penser à la réouverture des classes prévue le 6 octobre. Certaines sections de ces communes restent toujours inaccessibles. Le tronçon de route reliant le Nord à Hinche est complètement endommagé », indique le député Daniel Louis Mary qui critique les « opérations pompiers » des responsables.
Venir en aide aux professeurs sinistrés
L'Union nationale des Normaliens haïtiens (l'UNNOH) a, au cours d'une enquête réalisée après le passage des cataclysmes, répertorié un nombre considérablement élevé de cas de professeurs sinistrés. Les enquêteurs mentionnent plus d'une centaine, dont 32 à Belle-Anse, 24 à Cayes-Jacmel, 7 à La Vallée de Jacmel, 93 à Jacmel, 28 à Saint-Michel de l'Attalaye, 6 à Fort-Liberté, 41 dans le département du Sud, 14 à Cabaret, 15 dans le Nord-Ouest, et le corps professoral des Gonaïves dans sa globalité.
A cet effet, l'UNNOH invite le ministre de l'Education nationale et de la Formation professionnelle à adopter des mesures concrètes pour venir en aide aux professeurs, élèves, parents et écoles touchés par les catastrophes. Le MENFP, a suggéré l'UNNOH, doit engager l'Etat dans une intervention ponctuelle pour assurer la réparation des écoles endommagées, donner une subvention spéciale aux écoles privées pour faciliter la réduction de l'écolage de 30% et une exemption des frais scolaires pour cette année.
Selon le MENFP, près de 600 écoles ont été endommagées, 53 complètement détruites, sans compter les élèves victimes dont une estimation de 60 mille a été faite. « Une commission a été créée en vue de proposer une intervention d'urgence et élaborer un nouveau calendrier scolaire permettant de couvrir les programmes d'études et faciliter le processus d'enseignement de l'année académique 2008-2009 », a indiqué Michel Laguerre, directeur général du ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle .
Plus de deux semaines après la formation de cette commission, les mesures d'urgence tardent à venir. Désespérées, les familles sinistrées attendent encore.
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Géralda Sainville
Nelio Joseph
Valéry Daudier
Victor Jean Junior |
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