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Lydie Parent ferme et déterminée
L'opération de la mairie de Pétion-Ville visant à libérer la voie publique des marchands a suscité des tensions. Ils montrent leurs muscles. Claire Lydie Parent, calme, déterminée, persiste et signe : «Fòk Petyon vil bel, Fòk dezòd sispan n, fòk twotwa pou pyeton, lari pou machin n, machè pou machan n.»
Haïti: L'opération lancée par la mairie de Pétion-Ville pour restituer les trottoirs aux piétons et les rues aux véhicules, s'est achoppée, lundi, en début de matinée, à l'hostilité de centaines d'étalagistes, dont une majorité de femmes. « Lydie veut notre mort », a scandé l'une d'elles. Piétinant avec hystérie des morceaux de tôles d'une haie délimitant le périmètre du marché communément appelé « Shada », cette étalagiste a, en face de l'église St-Jean Bosco, à la rue Geffrard, juré ses grands dieux de ne pas laisser la voie publique.
« Je n'ai pas de chèque, c'est là, au coin de la rue, que je trouve de quoi faire vivre mes six enfants », a-t-elle expliqué en s'assurant que ses déclarations soient bien enregistrés par des journalistes dépêchés sur le théâtre de l'événement. Un peu avant neuf heures du matin, elle a rejoint les manifestants qui se sont dirigés vers le palais national, en passant par la route du Canapé-Vert. « C'est seulement René Préval qui peut ordonner à Lydie de nous laisser tranquilles », ont clamé les protestataires. La manif qui n'a pas pu aboutir au siège de la présidence, au Champ de Mars, a été dispersée par la police, à Delmas 48, sur le chemin du retour à Pétion-Ville. Une dizaine d'arrestations auraient été effectuées.
Claire Lydie Parent, calme, confiante, a indiqué à la presse que ces manifestants ne respectent pas l'ordre établi. Ils aiment le désordre, a-t-elle dit, en soulignant qu'elle n'est pas intimidée par ce mouvement mené par une minorité.
Alors que les marchands récalcitrants parcouraient les rues de Pétion-Ville, de Port-au-Prince et de Delmas, d'autres, à la file indienne, remplissaient les formalités à la mairie et la DGI afin de trouver une place au nouveau "marché Lakoup", a fait remarquer Mme Parent. Les marchands ont été notifiés de la date et de l'heure de l'opération, a ajouté Lydie Parent qui a rejeté d'un revers de main les accusations de vandalisme portées contre la mairie.
Sur les ondes, au début du mois de mars, la mairesse de Pétion-ville avait fait part de sa détermination à travailler afin que cette commune redevienne un endroit où il fait bon vivre et où règnent l'ordre et la convivialité. Le 8 mars 2008, lors de l'inauguration du « Marché Lakoup », elle avait indiqué que cet espace a la capacité d'accueillir 9 000 marchands. Selon les informations fournies, le marché a coûté 17 millions de gourdes. 12 millions est un prêt octroyé à la mairie par le ministère de l'Intérieur. En une décennie, la population de Pétion-Ville a explosé. Un marché ou deux marchés suffiront-ils ? Le temps répondra à la question. Seule certitude : Lydie maintient le cap..., malgré la grogne...
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