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| L'écrivain Jean-Claude Charles écoutant Jean-Euphèle Milcé parmi des jeunes dans les jardins de la bibliothèque |
| (Photo: photo Joe Antoine Jean baptiste) |
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| Sur fond d'un mural giratoire, Jean-Max calvin, Nadève Ménard, un représentant des Presses nationales et Janine Tavernier, le 6 novembre. |
| (Photo: photo Joe Antoine jean Baptiste) |
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| La partenaire de Sanba Zao exécutant un pas de danse petro aux sons du tambour |
| (Photo: photo Joe Antoine Jean Baptiste) |
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| La scupture sur marbre de Booz: le lecteur, qui a attiré l'attention de W. Edouard. |
| (Photo: photo Joe Antoine Jean Baptiste) |
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Du livre et de l'errance
Jean-Claude Charles, c'est un peu le prototype idéal du créateur qui trouve sa richesse dans l'errance à travers l'expérience des sens dans les grandes métropoles. Sa profession de journaliste influence en partie ses oeuvres, dans le domaine de l'enquête en particulier. L'investigation est une obsession. Le romancier de « De si jolies petites plages », qui lie le drame de réfugiés cambodgiens des années 80 à la tragédie de boat people haïtiens de la même époque, place pourtant « l'activité poétique au centre du travail littéraire ».
Haïti: Le directeur des Presses nationales, M. Willems Edouard, a montré son intérêt manifeste pour les oeuvres de Raymond Olivier, Jean Ménard Dorenoncourt et Jean Frantz Nelson exposées au local de la Bibliothèque du Soleil dans le cadre de la Rentrée littéraire 2007. Particulièrement ému par la sculpture en marbre de Ludovic Booz titré « Le lecteur », M. Edouard se demande : cette oeuvre peut-elle servir d'icône aux prochaines éditions de la Rentrée littéraire ?
« C'est un peu comme Le penseur de Rodin sous une forme plus moderne », opine-t-il. Présent le 7 novembre à la bibliothèque pour les causeries, vente-signature et conférence des écrivains Jean Euphèle Milcé et Jean Claude Charles, l'initiateur de la Rentrée littéraire en Haïti dit qu'il pense déjà à de meilleures élaborations graphiques, logistiques et médiatiques de l'événement.
En présence d'une quarantaine d'étudiants, les auteurs de « L'Envers des Rives » et de « Banboula Banboche » ont parlé de leur itinéraire, de leur aventure souvent douloureuse avec le livre, et de la problématique de la lecture en Haïti. Jean Euphèle Milcé regrette que ses livres soient publiés à l'étranger et plus disponibles à Paris qu'à Port-au-Prince. Sans questionner la politique éditoriale d'une « métropole » qui récupère des talents pour le bonheur de la francophonie, Jean Euphèle Milcé fait, par contre, le constat objectif que « les livres en Haïti sont publiés dans des conditions artisanales. »
Respectant le thème de son intervention : « Légitimité du passage à la postérité de la littérature haïtienne », l'auteur de « L'Envers des Rives » n'a pas parlé des particularités de son oeuvre. Il s'est plutôt étendu sur des questionnements urgents sur ce qu'il appelle « la chaîne de production du livre en Haïti ». Il entend par là les manières de publication, de fabrication des livres, la disponibilité publique du lectorat, les processus de médiatisation qui sortent le livre de son confinement élitiste.
Questionné par un participant sur les solutions qu'il propose au constat accablant autour du livre, Jean Euphèle Milcé répond que « le renversement de la situation dépend des créateurs qui doivent s'organiser et sortir de leur solitude éblouie face au texte publié, des agences médiatiques qui ont la responsabilité de moderniser leurs moyens, des éditeurs qui doivent travailler suivant une politique éditoriale, des diffuseurs qui peuvent augmenter leur clientèle et des libraires qui ne peuvent plus se contenter de leur ancien statut commercial. Il y a aussi des lois à publier dans le domaine, »insiste le conférencier.
JEAN CLAUDE CHARLES : JAZZ ET CORPS NOIR Continuer > |
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La causerie de l'écrivain Jean Claude Charles a été comme une déambulation à travers des villes visitées, des salles de rédactions de grands quotidiens, des tragiques événements médiatisés à l'excès et des prudentes et sommaires promenades à l'intérieur de l'écriture de l'auteur de « Manhattan Blues ».
Jean Claude Charles c'est un peu le prototype idéal du créateur qui trouve sa richesse dans l'errance à travers l'expérience des sens dans les grandes métropoles. Sa profession de journaliste influence en partie ses oeuvres dans le domaine de l'enquête en particulier.
L'investigation est une obsession. Le romancier de « De si jolies petites plages » qui lie le drame de réfugiés cambodgiens des années 80 à la tragédie de boat people haïtiens de la même époque place pourtant « l'activité poétique au centre du travail littéraire ».
L'imaginaire, la technique cinématographique, le jeu de miroir du doute, la subversion de la langue marquent Bamboula Banboche réédité par Les Presses nationales à l'occasion de la Rentrée littéraire 2007. Vérité et mensonge entre imaginaire romanesque et réalité concrète mettent le lecteur de Bamboula dans un lieu imprécis. Au sujet de l'essai, Le Corps Noir, Jean Claude Charles, médecin raté, témoigne avoir opéré un « travail d'auscultation et de déconstruction du maître sur l'esclave. Je me suis très intéressé aux effets contemporains d'invention du corps noir au-delà de la pesanteur des stéréotypes de l'idéologie de la négritude ».
Le jazz est l'un des repères de Jean-Claude Charles pour mieux pénétrer le monde nègre contemporain. « La découverte du jazz, témoigne-t-il, m'a permis de mieux connaître les Noirs américains. J'ai transposé les procédés du jazz au service d'un travail de transformation formelle. J'ai mis en oeuvre le mot et l'instrument, j'ai jazzé la langue. »
Amérique, France, Caraïbe, une expérience géographique qui dessine ce que Jean-Claude Charles appelle « mon trajet ». « J'ai tenu compte de mon corps en mouvement dans le monde, conscient que je suis un homme en migration. » Paraissant un peu fatigué physiquement de ses randonnées, l'auteur de « Négociations » garde la verdeur du verbe et la modernité du ton de l'homme blasé d'avoir trop vécu. S'il s'en prend à la langue cartésienne, c'est pour « subvertir l'ordre des phrases pour que la lecture ne soit plus somnambulique et zombifiée ».
L'après-midi du 7 novembre à la bibliothèque a été marqué par une prestation de la troupe racine de Samba Zao. La partenaire du musicien a joué du tambour comme une prêtresse égyptienne, la tête ceinte d'un mouchoir bleu. Les écrivains partis pour un autre rendez-vous à la Fokal, les assistants sont restés dans les jardins de la bibliothèque à chanter des airs du terroir. La Rentrée littéraire était donc liée à une quête d'identité des valeurs culturelles nationales. A la sortie des musiciens avec leur tambour, l'oeuvre de Booz, Le Lecteur, dans son marbre blanc, s'imposait encore aux visiteurs attardés.
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Pierre Clitandre |
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