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| Le décor planté en face de Martissant 1 |
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| La Nissan Pathfinder blanche incendiée à Martissant avec à son bord Jean Mosselet Paraison |
| (Photo: François Louis) |
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| Quelques-uns des soldats d'une patrouille de la MINUSTAH qui ont agressé notre photographe François Louis. |
| (Photo: François Louis) |
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| A Martissant comme dans un désert... |
| (Photo: François Louis) |
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Nouvelle offensive des bandits
A Martissant et à Fontamara, quartiers situés au sud de Port-au-Prince, le sol était à feu et à sang. En effet, ce vendredi 3 novembre 2006 dans la matinée, à Martissant 15, au moins une personne est morte calcinée dans une voiture après que cette dernière eut été arrosée de balles. A Fontamara 41, un individu dans la cinquantaine a été blessé de plusieurs balles. Pluies de pierres, tirs nourris d'armes automatiques, pneus enflammés... les gangs de Martissant font feu de tout bois pour faire régner la terreur. Le film des événements.
Haïti: « C'est un mouvement organisé, dont le seul but est de terroriser la population haïtienne», crache rageusement un habitant du quartier de Martissant, à la suite du raid meurtrier d'un commando armé dans ce quartier, ce vendredi 3 octobre dans la matinée . Jeans noirs, maillots noirs, mouchoirs rouges cachant leurs visages, ils portaient tous cet accoutrement, a-t-on constaté. Ils n'avaient pas d'objectifs ou de cibles précis, sinon de semer la terreur dans ce quartier et contraindre les gens et les véhicules se trouvant sur leur parcours à faire demi-tour. Dans la foulée, Jean Mosselet Paraison qui accompagnait l'inspecteur de police Jean Wilson Hyppolite, dans une Nissan Pathfinder de couleur blanche, a été tué par balles puis brûlée en même temps que le véhicule.
A Martissant...
A Martissant, avant de descendre sur la route, les bandits ont accompagné leurs tirs d'une pluie de pierres. Il était à peine 8h. 15 minutes plus tard, ils allaient tomber sur le véhicule de l'inspecteur Hyppolite, à Martissant 15, en face de la succursale de la Sogébank. Ce dernier, pour sortir dans la mire des bandits, tire quelques coups de feu en l'air et arrive à s'échapper de justesse du véhicule. Mais son compagnon, Jean Mosselet Paraison, blessé, n'a pas pu quitter la voiture. Après l'avoir criblé de balles, les bandits ont ensuite incendié le véhicule avec à son bord Jean Mosselet Paraison.
Pour renforcer leur mouvement de panique, le commando armé a procédé à l'érection systématique de pneus enflammés sur toute la route de Martissant, notamment à Martissant 1 et en face de l'église Sainte Bernadette.
Il faudra attendre l'arrivée de plusieurs patrouilles de la Police Nationale pour voir le clame se rétablir peu à peu dans la zone. Ces dernières accompagnées d'un camion pompier et aidé de la population et des agents de la UNPOL ont débarrassé la chaussée des pneus enflammés et d'autres barricades érigés par les bandits.
A Fontamara aussi... Continuer > |
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Un peu plus tard, vers 9h, c'est la zone de Fontamra qui allait vivre son moment de terreur. Des hommes en jeans et maillots noirs et le visage caché derrière des mouchoirs rouges arrivent sur la route de Fontamara. Des témoins affirment que les malfrats sont arrivés de la zone de La Rochelle en passant par Fontamara 35. Sur la route principale, ces bandits ont contraint tous les véhicules à faire demi-tour. Les opposants et tous ceux qui n'ont pas pu céder tout de suite à leur volonté ont vu leurs pare-brises cassées. A l'intersection de Fontamara 35 et du Boulevard Jean- Jacques Dessalines, un brasier de pneus enflammés a, en un rien de temps, été dressé. A Fontamara 31, le même dispositif a été mis en place par les bandits.
A Fontamara 41, un riverain d'une cinquantaine d'années a été touché par plusieurs balles, alors qu'il se rendait au travail. Vers 10h 15, l'intervention de la police nationale et des agents de la MINUSTAH a permis le déblocage des voies et un retour relatif à la normale des activités de la zone. Entre temps, les bandits ont été comme volatilisés. Il n'y a eu aucune arrestation. Les hommes en noir sont repartis comme ils sont arrivés. Sans peur ni crainte.
Ces nouvelles actions planifiées surviennent quelques jours après que des partisans Lavalas eurent menacé de lancer l'"Opération Bagdad 2" au cas où les autorités refuseraient de les réintégrer dans les services publics où ils affirment avoir été révoqués arbitrairement sous le gouvernement de transition, entre 2004 et 2006, rapporte Radio Kiskeya.
Même la MINUSTAH a peur
A Martissant 1, notre photographe François Louis a été pris à parti, non pas par les bandits, mais par des éléments de la force onusienne. D'origine africaine, des soldats de la MINUSTAH, dont la plupart montés à bord d'un pick-up de couleur blanche immatriculée UN-22736, ont saccagé notre confrère après qu'ils eurent vainement tentés de se saisir de sa caméra. Ces soldats ont demandé à M. Louis s'il avait l'autorisation de prendre des photos de l'événement. Ce dernier s'est à nouveau identifié comme journaliste reporter de Le Nouvelliste et leur a montré sa carte de presse du journal ainsi que celle délivrée par la MINUSTAH aux journalistes accrédités à couvrir les conférences de presse et autres activités de la MINUSTAH. Agrippé sauvagement par un soldat et entouré par toute une patrouille, ces missionnaires de la paix de l'organisation des Nations-Unies ont contraint François Louis à effacer toutes les photos prises à Martissant 1.
Ces soldats onusiens, craignant la réaction des bandits, ont soutenu que si leurs photos paraissaient sur les journaux, ils seraient la proie des gangs armés. Ce qu'ils semblent redouter comme la peste. Venus pour accompagner le gouvernement dans le processus de rétablissement de la paix et la lutte contre les bandits armés, les soldats de la MINUSTAH, quand ils ne prennent pas la fuite face aux semeurs de troubles, manifestent à présent, de façon violente et arbitraire, leur crainte d'être reconnus par ces derniers. Quand la peur gagne le rang des soldats de la MINUSTAH, qu'est-ce que la population civile peut attendre d'eux ? Le renouvellement incessant de leur mandat peut-être ?
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Gaspard Dorélien
gasparddorelien@lenouvelliste.com |
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