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| L'ambassadeur Français accrédité à Port-au-Prince, Didier Le Bret |
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« La France a tenu ses promesses »
Haïti: L'ambassadeur français accrédité à Port-au-Prince, monsieur Didier Le Bret, a salué, à l'occasion du 1er anniversaire du séisme du 12 janvier dernier, l'engagement de la communauté internationale en faveur des victimes. Il dit être en désaccord avec ceux qui disent que rien n'a été fait dans le pays depuis la catastrophe. « On a remis les enfants à l'école. Il est maintenant possible de circuler dans les rues de Port-au-Prince », a-t-il souligné.
Comme pour répondre à ceux qui dénoncent le non-respect des engagements pris lors de la conférence de New York en faveur d'Haïti, M. Le Bret a rappelé qu'il n'était pas question de décaisser les 10 milliards de dollars promis sur un an. Si le diplomate français s'est gardé de révéler au journal le pourcentage des 10 milliards de dollars déjà débloqué en faveur de la population haïtienne, il a toutefois salué le travail des organisations humanitaires venues au chevet des centaines de milliers de victimes de la catastrophe du 12 janvier 2010.
La France est sur la liste des pays qui se mobilise en faveur d'Haïti depuis le séisme. Le président Nicolas Sarkozy était même venu constater lui-même l'ampleur des dégâts causés par la catastrophe. Lors de son passage dans le pays, le 17 février 2010, il en avait profité pour annoncer les actions que son pays allait poser pour aider Haïti à se relever. Continuer > |
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Une aide globale de 326 millions d'euros (environ 400 millions de dollars) sur deux ans, incluant l'effacement d'une dette bilatérale de 56 millions d'euros ; la reconstruction de l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH) ; l'envoi de 250 véhicules (police, gendarmerie, ambulances, pompiers), l'arrivée d'enseignants français devant intégrer le système scolaire et l'augmentation des adoptions de jeunes Haïtiens par des familles françaises, l'accueil d'une centaine de fonctionnaires haïtiens dans les grandes écoles françaises, comme l'Ecole nationale d'Administration (ENA) et 700 étudiants supplémentaires dans les universités françaises des Antilles et de la Guyane, la formation de 70 cadres et officiers de la Police Nationale sont, entre autres, les promesses faites par le chef d'Etat français lors de sa visite en Haïti. « La France est jusqu'ici très conséquente dans ses engagements », a affirmé Didier Le Bret comme pour dire que son pays a tenu ses promesses.
M. Le Bret dit pourtant reconnaitre que beaucoup reste à faire en Haïti. Si les 12 premiers mois qui ont suivi le séisme ont été consacrés à la distribution d'aide humanitaire aux victimes, il exhorte les acteurs à passer maintenant à la phase de reconstruction. « Ce qui est sûr, les financements sont là », s'est-il réjoui en rappelant à ceux qui commencent à se montrer impatients que la reconstruction du pays ne pouvait pas se faire en une année. « On ne construit un aéroport, ni une autoroute en une année », a-t-il ajouté.
Plusieurs priorités, voire urgences, doivent être abordées au cours de l'année 2011 par le gouvernement haïtien et ses partenaires de la communauté internationale. Pour Didier Le Bret, le relogement des sans-abri, la relance de l'économie et du secteur agricole devraient retenir l'attention des décideurs pour l'année 2011. Il a, par ailleurs, conseillé aux autorités haïtiennes de lancer deux ou trois zones de développement qui pourront servir de modèle au reste du pays.
Le tourisme et l'industrie de transformation restent, aux yeux de M. Le Bret, deux filières qu'Haïti peut exploiter pour relancer son économie. En attendant le lancement des chantiers de la reconstruction qui peuvent attirer beaucoup de visiteurs dans le pays, le diplomate estime qu'on pourrait dès maintenant commencer à préparer des ressources humaines qualifiées dans ces domaines-là. M. Le Bret a, d'un autre côté, plaidé en faveur du renforcement de l'Etat haïtien dans le cadre de la reconstruction du pays. Confier les fonds de la reconstruction uniquement aux ONG n'est pas, d'après lui, la meilleure option.
Même si Didier Le Bret reste optimiste quant à la reconstruction d'Haïti, il se montre pessimiste en ce qui concerne la poursuite des chantiers déjà lancés dans les villes de province. « Il y a un manque de ressources humaines et techniques dans les villes de province. Ce qui rend difficile la réalisation de certains projets dans les villes de province », a déploré l'ambassadeur français qui exprime le voeu de voir un dénouement rapide de la crise politique née des élections du 28 novembre dernier.
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Jean Pharès Jérôme |
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