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Sida, le même partout
La misère généralisée et le système de santé défaillant apparaissent comme une seconde motivation pour Haïti qui est parvenue à bâtir, grâce à des initiatives locales et des fonds internationaux, une prise en charge efficace du sida. L'expérience acquise durant les trente dernières années dans la petite île des Caraïbes a été partagée à Vancouver, l'une des villes du Canada les plus riches du monde.
Haïti: Maire sortant de Vancouver (Canada) Sam Sullivan, laissera dans une semaine son immense bureau avec le souvenir douloureux des fonctionnaires de son administration qui s'opposaient, il y a deux ans, à l'exposition de « Aids two cities » (traduisez, le sida dans deux villes). Vivant avec une déficience physique, le Maire a tenu une exposition qui a connu un succès colossal. « Deux ans après, cette exposition est suivie d'une visite d'une délégation de PVVIH et d'experts haïtiens à la Mairie de Vancouver », a dit le Maire qui se fait photographier au milieu des membres de la délégation haïtienne par celui qui a réalisé les clichés de l'exposition. En dépit d'un niveau de développement humain aussi bas que celui de l'Afrique subsaharienne, Haïti peut se flatter d'avoir en partie conjuré son destin. « On est tombé d'une prévalence (nombre d'adultes contaminés entre 15 et 49 ans), de 6,2 % en 1993 à 2,2 % en 2006, rappelle le Dr André Jolicoeur de Panos Caraïbes.
« Durant les 30 dernières années, nous avons acquis de l'expérience en matière de Vih/ Sida et des villes du Nord comme Vancouver sont intéressées à apprendre de l'expérience des pays du Sud comme Haïti », a affirmé le chef de la délégation haïtienne au Canada. Ce n'est pas Jon Tinker, directeur exécutif de Panos Canada, qui dira le contraire. « Il n'y a aucune infirmière en Colombie-Britannique qui a l'expérience et l'expertise de Claudia Thomas du Centre Gheskio, dans la lutte contre le sida », a estimé M. Tinker. Le monde, dit-il, doit faire tomber les paradigmes traditionnels qui ont dirigé les idées de développement. « Un élément de l'optique Nord-Sud est que nous, le Nord, dépêchons des missions d'experts au Sud, a déploré le responsable de Panos Canada. Trop souvent, l'effet involontaire de ces missions est de dévaloriser les expériences et l'expertise de nos collègues du Sud. »
En matière du VIH/Sida, Haïti a souffert et souffre aujourd'hui encore de cette attitude, selon M. Tinker. « Au début de la pandémie, dans les années 70, le Centre For Disease Control (CDC) aux Etats-Unis a stigmatisé Haïti. Le CDC, pendant des années, prétendait que le VIH/Sida était d'origine haïtienne. « Il faut dire que les pouvoirs canadiens à cette époque, honteusement, ont suivi la même logique », a regretté le responsable lors d'un discours prononcé au ministère des Affaires Etrangères du Canada, en présence de l'Ambassadeur du Canada à Port-au-Prince. La thèse des 4 H, a-t-il encore regretté, a détruit l'industrie touristique haïtienne.
Dr Myrna Eustache de Poz, Jean Saurel Beaujour de Ason, Claudia Riché de Gheskio, Claude Gilles du Nouvelliste, Antoine Méus de Serovie, Rose-Laure Janvier Isidor de Libere Laparòl, et 3 jeunes comédiens du FOSREF (Eddy Frantz Raymond, Marie Cécile Luxamar et Daniel Verlus) sont parmi les membres de cette délégation qui partage l'expérience haïtienne en matière de prévention du Vih/sida et de prise en charge de personnes atteintes de la maladie.
Par le passé, les échanges se faisaient du Nord au Sud, maintenant des pays du Nord comme le Canada sont désireux d'apprendre de l'expérience de pays comme Haïti, notamment en matière de Vih/sida, a souligné le Dr André Jolicoeur de Panos Caraïbes.
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