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Culture |
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1er Décembre 2008 |
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| Eddy Raymond, Marie-Cécile Luxamar et Daniel Verlus: les trois jeunes comédiens de la FOSREF |
| (Photo: Pieter de Vos) |
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Le théâtre de la prévention
Le théâtre, depuis qu'il a été utilisé comme arme de la persuasion par la Fondation pour la santé reproductrice et l'éducation familiale (FOSREF), est devenu un des meilleurs vecteurs de prévention du sida en Haïti. Une expérience partagée au Canada.
Haïti: Arrivés éreintés à Ottawa - dans le cadre d'un partage d'expérience entre Port-au-Prince et Vancouver dans la lutte contre le sida - après des heures de vols et de transits, les trois jeunes comédiens de la Fondation pour la santé reproductrice et l'éducation familiale (FOSREF), auraient pu aller se reposer. Entre deux avions, ils improvisent au ministère des Affaires étrangères du Canada une piécette inspirée d'une simple discussion avec Jon Tinker, le directeur exécutif de Panos Canada. « L'éducation par le divertissement est la technique que nous utilisons dans le cadre de la lutte contre le sida », a dit Daniel Verlus, responsable du réseau des éducateurs et consultants de la troupe de FOSREF.
Sans jamais, se lasser, Verlus et ses compagnons de scène (Eddy Raymond et Marie-Cécile Luxamar) jouent et parlent du rôle du théâtre avec la même dextérité à Vancouver, la riche ville canadienne, qui cherche des points de similitude avec Port-au-Prince dans la lutte contre le sida. La pandémie avec son cortège de pauvreté et de maladies opportunistes frappait tellement à leurs yeux, certains des jeunes comédiens de la FOSREF se rendaient jusqu'à la Jamaïque, pour apprendre le « Vides », l'une des techniques théâtrales les plus utilisées au Brésil. Les connaissances acquises, selon Verlus, ont été retransmises aux acteurs des vingt-huit clubs de théâtres implantés dans autant de centres que disposent la FOSREF en Haïti.
Depuis sept ans, le taux de prévalence du VIH/Sida a chuté de 6,2 à 2,2%. C'est en très grande partie le fruit d'une intense mobilisation des cellules de jeunes constituées dans certaines ONG qui organisent et font elles-mêmes la prévention, en particulier auprès des jeunes. En parlant aux jeunes avec simplicité et humour de leur vie quotidienne, le théâtre, joué dans les centres de FOSREF, brise peu à peu les tabous sexuels. Il contribue aussi à prévenir le sida. Une expérience partagée avec un large public de Vancouver, la ville canadienne qui ouvre ses portes depuis deux jours à une délégation haïtienne de dix personnes en mission d'échanges sur le VIH/Sida entre les experts haïtiens et canadiens.
En l'absence de la Gouverneure du Canada, Michaelle Jean, en mission officielle en Europe, les experts haïtiens ont été accueillis par Sam Sullivan, le maire sortant de Vancouver. D'origine haïtienne, la gouverneure ne cache pas son regret « de ne pouvoir rencontrer la délégation haïtiennelors de sa visite au Canada ». Mais, écrit-elle dans une correspondance à Panos Caraïbes, je suis assurée que ses membres sont en de bonnes mains et qu'ensemble vous coopérez à la création d'un monde meilleur.
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Claude Gilles
Vancouver, Canada |
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