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Livres en folie |
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La lecture, vice impuni de Paulette P. Oriol
Paulette P. Oriol est une figure remarquable de la littérature haïtienne contemporaine. Elle signe « Le Passage » et « Madan Marye et autres nouvelles » à Livres en folie, le 22 mai, au Parc Historique de la Canne à Sucre.
Haïti: Le Nouvelliste : Membre du Prix littéraire Deschamps, vous écrivez toujours et vous êtes une grande figure de la littérature haïtienne contemporaine. D'où vous vient cette passion pour l'écriture ?
Paulette P. Oriol: J'ai toujours eu la passion des mots. Toute petite, je feuilletais les livres d'images sans savoir encore lire. A 3 ans ½, je lisais déjà couramment. J'ai écrit mon premier texte, une féerie, sur une vieille machine Remington avec deux doigts. Cette première oeuvre est perdue ! Jusqu'à présent, je vis entourée de dictionnaires : les Robert surtout sans oublier les Littré, Larousse, Quillet, Hachette et autres et bein sûr le Grévisse.
L.N : Votre écriture est limpide et musicale, comment avez-vous pu maitriser avec bonheur l'écriture au point de créer chez le lecteur un goût prononcé pour votre style ?
P.P.O: Chaque jour de ma vie, je lis au moins ½ heure le matin de bons textes des grands stylistes français : de Rabelais à Flaubert en passant par Rousseau, Voltaire, Balzac, George Sand, Gide, Maupassant. En plus, je repasse mes règles de grammaire, verbes, conjugaisons, participes et orthographe. La précision du style n'exclut pas le goût de la poésie : Hugo, Baudelaire, Vigny, Musset, Samain, Eluard, Claudel, Péguy, Massillon Coicou, Virginie Sampeur, Ida Faubert et j'en passe ...
L.N : Vous écrivez des poèmes, des nouvelles et autres. Mme Paulette Poujol Oriol, comment arrivez-vous à passer d'un genre à un autre ? Est-ce votre habileté de l'écriture qui vous a permis d'y arriver sans ambages?
P.P.O: Je crois y avoir répondu plus haut : la Lecture, la Lecture et toujours la Lecture. Ce que André Maurois, un de mes auteurs favoris, appelle « ce vice impuni » : la Lecture. Je n'ai jamais passé une journée sans lire au moins deux heures, matin ou soir.
L.N : Vous avez déjà publié pas mal d'ouvrages, donc vous contribuez jusqu'ici à enrichir le patrimoine littéraire haïtien. Etes-vous satisfaite de l'accueil des critiques à l'égard de vos écrits ?
P.P.O: Je suis un auteur satisfait particulièrement depuis que les plus jeunes s'intéressent à ma production surtout mes étudiantes car j'enseigne encore à l'âge de la retraite. Continuer > |
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L.N : Cette année, vous allez signer à Livres en Folie deux ouvrages de grande importance de par la qualité de l'écriture et du style. « Le Passage », d'ailleurs, est très significatif. Pourriez-vous nous parler plus largement de cette oeuvre ?
P.P.O: C'est le calvaire d'une femme qui n'ayant jamais été préparée, ni par la formation ni par le travail, n'a pas su gérer une existence qui pourtant lui promettait beaucoup, mais qu'elle a gaspillé par frivolité, nonchalance, paresse, imprévoyance, et surtout par un manque total de caractère.
L.N : Un autre titre très suggestif et poignant, c'est « Madan Marye et autres nouvelles ». Pourriez-vous présenter aussi pour les lecteurs du journal ce recueil de nouvelles ?
P.P.O: Comme pour beaucoup des nouvelles du recueil «Madan Marye»,
c'est une histoire vécue quelque peu augmentée. Dans ce recueil, il y a environ huit faits vécus, les sept autres étant sortis de mon imagination. Mais je vais vous laisser deviner lesquels.
L.N : Ce recueil de nouvelles est plein de charme et d'émotion. Le social influence-t-il votre écriture ?
P.P.O: Le social influe sur l'écriture de tous les romanciers. En réalité, on n'invente pas, on se remémore et on retrace même inconsciemment les faits qui nous ont marqués. Ainsi, "Le Passage", dont la misérable héroïne fait plutôt pitié, est le résultat de trois femmes aperçues dans mon adolescence et dont ma grand-mère et ma mère m'ont conté la douloureuse histoire.
D'ailleurs, ce n'est pas dans les livres de sociologie pure que l'on trouve les vraies images d'une société. Sans aller chercher ailleurs, c'est dans Justin Lhérisson, Fernand Hibbert, J. B. Cinéas, Frédéric Marcelin, Annie Desroys, Cléante Valcin qu'il faut retrouver la société haïtienne du début du XXe siècle et non dans les ouvrages théoriques.
Pour moi, les plus grands sociologues de notre pays ne sont pas des scientifiques. Certes, il y a surtout l'universel Jacques Romain à la fois poète inspiré et socialiste militant. Mais c'est Mona Guérin et Maurice Sixto et quelques autres qui ont vraiment décrit le monde haïtien où nous vivons quotidiennement.
L.N : Ici, il s'agit de deux précieux ouvrages « Le Passage » et « Madan Marye et autres nouvelles ». C'est à féliciter. Travaillez-vous actuellement sur d'autres ouvrages ?
P.P.O: Si la providence me le permet et m'en donne le temps, j'ai actuellement en projet et même en début d'écriture environ 8 autres ouvrages de genres divers que j'espère publier bientôt, chez Deschamps évidemment.
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Jean-Pierre CANTAIS | 14 Janvier 2010, 4:16:07 PM

Une belle amitié epistolaire est née en 1996 entre Madame POUJOL et moi même alors que j'étais en mission à PAP. Nous avons échangé pendant plusieurs années et puis je n'ai pas reçu de réponse à mon dernier envoi... On lui avait volé l'ordinateur qu'elle avait commandé ! J'ai immaginé le pire pendant ce long silence et je vois avec bonheur dans cet article que tout va bien pour elle ! J'ai pris ma retraite en Aveyron et je pense souvent à elle en voyant ses livres m'accompagner. Qui voudra bien lui transmettre mon adresse e-mail et lui dire que notre amitié perdure ? Le séisme qui vient de frapper PAP faitcraindre le pire. Rassurez moi et transmettez moi une adresse e-mail où je puisse la joindre. Cordialement merci d'avance. |
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